pour Zim

Emportant en ses voiles de vague  nue
Fragments de temps et d'embruns
Épaves oubliées ou ruines pâlies
Le vent se lève comme une parure de femme
Révélant à tes yeux l'ombre d'un visage
Qui s'efface sous la glaise

Tu m'es ce peu d'étoiles et de sable
Qu'éveillent, le soir, les parfums des éclairs,
Le échos des séismes
Et le drap calme du silence végétal

Déluge d'horizon comme sillages sur l'abîme,
Les jardins se figent en ce jade
De forêt pétrifiée au-dessus de laquelle planent
Hésitants, quelques oiseaux miroiteurs

Or, l'espace est une quête dont bien peu
Se souviennent
En ces hauts pays d'orage livrés aux idoles
Et la mémoire, en moi, comme une bulle vitrifiée
Ravive les menaces inscrites à l'orient nocturne
Les laves automnales et les parcs désertés

J'ai cru un jour à l'idéal du hasard
Au fumées s'évadant des salines
Aux cris d'hiver des nomades des lagunes
Ramenant en leurs filets des papillons de glace

Mais je reste penché sur cette table noire
Comme à jamais enchaîné à ces livres de pierre
Murmurant des paroles de mer et d'eau vive
Les fantômes de chaque fièvre disparue
Mes souvenirs d'Aldebaran.

Claude Arlan